qu'est-ce que c'est ?

Une Link NCA est une étude structurée, participative et globale qui s’appuie sur le schéma causal de l’UNICEF



La Link NCA est une méthode mixte, combinant un important volet qualitatif avec une analyse quantitative descriptive, visant à répondre aux questions de recherche suivantes:
  1. Quelle est la prévalence et la gravité de la malnutrition aiguë et chronique dans la population cible ?
  2. Quelle est la prévalence des principaux facteurs de risque responsables de la sous-nutrition dans la population étudiée ?
  3. Quels sont les mécanismes et chemins causaux de la sous-nutrition ?
  4. Comment la prévalence et les causes de malnutrition aiguë et/ou chronique dans cette population ont évolué dans le temps ?
  5. Quels mécanismes et chemins causaux sont susceptibles d’expliquer la plupart des cas de sous-nutrition ?
  6. Quelles recommandations peuvent-être émises pour améliorer les programmes de sécurité nutritionnelle
La Link NCA étudie les populations locales, généralement à l'échelle d’une localité ou d'une zone de moyens d’existence.

Télécharger la brochure donnant une vision globale de la méthode 
© ACF Sandra Calligaro
La mesure du périmètre brachial est indicateur utilisé dans le diagnostic de malnutrition aigue

Schéma causal de l'UNICEF

Relie les acteurs des différents secteurs



La Link NCA réunit les communautés locales, les experts techniques, les scientifiques, les responsables politiques de différents domaines d'expertise (nutrition, santé, pratiques de soins, santé mentale, assainissement, sécurité alimentaire, moyens d’existence, éducation, sciences sociales…). ...).

Les acteurs se réunissent lors d'un premier atelier afin d'identifier les hypothèses causales. Ils se retrouvent également au cours d'un atelier final, après la collecte et l’analyse réalisées par l’analyste NCA, pour parvenir à un consensus sur les causes plausibles de la sous-nutrition.

Ce processus est essentiel afin d'avoir une approche holistique et d'initier une réponse locale coordonnée.

Relie l'analyse causale à la programmation de la réponse



La Link NCA est conçue pour améliorer les programmes de sécurité nutritionnelle en fournissant des recommandations opérationnelles pour les interventions spécifiques et sensibles à la nutrition.

Relie les facteurs de risque et la sous-nutrition afin d’en dégager des mécanismes



La Link NCA s'appuie sur le schéma causal de l'UNICEF pour comprendre les mécanismes et chemins locaux de la sous-nutrition.
C'est souvent un travail laborieux mais qui se révèle essentiel pour
1) identifier les blocages locaux, étape cruciale pour identifier des solutions spécifiques et
2) identifier les liens entre les secteurs.

© ACF Agnès Varraine-Leca
Qestionnaire d'enquête
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Comment l'analyste regroupe les perceptions des communautés vulnérables dans cette la méthodologie ?



« Principalement à travers l'enquête qualitative. Les groupes de discussion incluent des participants qui appartiennent souvent à des groupes vulnérables: mères, enfants malnutris... Ils ont l'opportunité d'expliquer comment ils perçoivent les causes de la sous-nutrition, ce qu'ils voudraient voir changer et comment. Cela nous permet d’identifier leurs besoins, les causes qu'ils perçoivent mais également leurs priorités. »

G. Luc, Analyste NCA en RDC (2014)

Les étapes principales d'une Link NCA

Ce que n'est pas la méthodologie Link NCA



Une Link NCA nécessite en moyenne quatre à cinq mois pour être menée à bien : ce n’est pas une méthode « rapide », adaptée aux réponses d’urgence. La planification de la méthode doit prendre en compte de manière réaliste le temps nécessaire à l’étude.

La composante qualitative de la méthode Link NCA a été définie pour fournir un état des lieux détaillé de la situation nutritionnelle d’une zone géographique relativement réduite. La généralisation des résultats à d’autres zones géographiques du pays n’est pas toujours possible.

Une Link NCA n’est pas un outil d’évaluation de la situation en urgence : la durée de l’étude ne permet pas d’appliquer rapidement la méthode en cas de crise. De plus, lors de situations d’urgence, les causes immédiates de sous-nutrition deviennent des priorités par rapport aux causes sous-jacentes et aux causes fondamentales. Une étude Link NCA existante peut cependant fournir une très bonne base de départ (point de comparaison avec la situation de pré-urgence) qui peut aider à interpréter les raisons et l’étendue de la dégradation de la situation nutritionnelle suite à une crise aigüe.

La méthode Link NCA ne cherche pas à démontrer statistiquement la causalité de la sous-nutrition mais cherche plutôt à créer un consensus autour de ces causes plausibles dans un contexte donné. Initialement, la Link NCA avait été prévue pour reposer principalement sur des tests statistiques de causalité; suite aux premiers tests, cette approche a été écartée par le comité scientifique pour les raisons suivantes :

  - La conception optimale d’une analyse causale basée sur des taux de probabilité est rarement adaptée à une situation réelle de terrain : une simple étude transversale ne peut pas fournir assez de renseignements sur la causalité. Une étude cas-témoins n’est pas toujours adaptée à la compréhension des facteurs de risque de faibles taille-pour-âge et poids-pour-taille selon une échelle de sévérité. Dans la plupart des cas, les conditions opérationnelles ne permettent pas de mettre en place l’étude d’un panel longitudinal. Des évaluations peuvent démontrer une causalité lorsque des changements dans les facteurs de risques sont attribués à une intervention, mais la plupart du temps, une étude Link NCA devra être mise en œuvre en amont de la définition d’un programme.

  - Certains facteurs de risque, comme le niveau d’éducation par exemple, ont une faible variabilité. La puissance des tests statistiques d’analyse bivariée ou multivariée sera alors trop faible pour détecter une possible association avec la sous-nutrition, à moins d’utiliser une taille d’échantillon irréaliste.

  - Certains facteurs de risque importants sont difficiles à mesurer quantitativement par les acteurs opérationnels (ex : dépression maternelle, faible poids de naissance).

  - Certains facteurs de risque peuvent sembler secondaires au moment de la collecte de données mais se révéler fondamentaux lors de la saison suivante (ex: paludisme, diversité alimentaire) ou ont peut-être été déterminants pour la croissance infantile quelques années en amont de l’enquête.

  - Afin d’analyser quantitativement les liens suggérés par l’approche globale du schéma causal de l’UNICEF, une étude statistique complexe des chemins causaux est possible, mais trop sophistiquée pour la plupart des acteurs opérationnels.

  - Certains résultats peuvent même être trompeurs: l’expérience montre que les acteurs ont tendance à surévaluer les résultats statistiques, même lorsque leur validité est limitée, et sous-évaluer les autres sources d’informations qui peuvent fournir une vision plus complète de la situation locale.